Frigyes Karinthy -
Poésies : À nul ne peut le confier
le
poÈte
De moi le monde a été
baptisé
Et pour moi musiquent les Sept
Étoiles
Contre moi se bat le diable avec Dieu
Et vers moi se pressent les tout-petits
En moi se raidit le plaisir ardent
De moi il jaillit refroidi et tiède
Par moi passe la colère du Seigneur
Enceints de moi enflent aussi les arbres
C’est moi que cite qui soupire et pleure
Sur moi se répand la marée
sans bords
Par ma faute dégaine la Vengeance,
Pour punir des
crimes puant derrière moi.
Devant moi
brouillard, à ma place rien,
Autour de moi lumière, derrière moi silence -
Et pourtant sans moi tout fut tout sera
Et rien ne pourra
se produire par moi.